Sleeve : 5 jours après l'opération
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, par Sleeve : 5 jours après l'opération

Cet article est le deuxième d'une série de deux articles :

Le jour de l'opération

On m'avait prévenue la veille que l'intervention se déroulerait à 13h30 et que je devais bien évidemment me rendre à l'hôpital à jeun. Pour le confort du chirurgien je devais être sur les lieux dès 8h00, on m'a expliqué que c'était parce que des fois il intervertissait les patients. Seulement voilà, à 8h je m'inscris donc aux admissions et ensuite, je suis quasiment directement amenée dans une chambre d'attente où je dois me mettre à poil et enfiler la blouse de patient avec un peignoir. Je devais également retirer mes lunettes et ne rien garder avec moi car malheureusement mon accompagnant ne pouvait pas rester car il blêmissait d'être à l'hosto. Résultat, je suis restée sur un fauteuil seule dans une chambre où je ne voyais en plus rien sans mes lunettes jusqu'à midi. Car à midi, ô bonheur, mon accompagnant est revenu et m'a redonné la vue (et mon téléphone!). Plus qu'une heure et demie à attendre pour l'op, ça devient long. C'est là qu'une infirmière vient nous prévenir qu'il y a plus au moins une heure de retard. Je crevais la dalle mais je préférais quand même que le chiru prenne son temps et ne tue pas ses patients. J'ai finalement été emmenée au bloc opératoire vers 16h.

Arrivée au bloc ça commence bien: comme d'habitude, on ne trouve pas mes veines mais ils ne peuvent pas me piquer dans la main car mes veines y sont trop petites. Ils ont donc dû me piquer à un endroit qui fait assez mal à savoir le poignet. Ca m'a étonnée que ça fasse mal là mais bon, en plus il galérait et un des doc qui assistait le chiru n'avait trouvé rien de mieux à faire que d'appuyer son cul sur mon "lit" et ça faisait donc bouger le truc. Mon chiru lui a quand même fait remarquer, amen. On me demande mon dernier mot, je réponds : "Gardez-moi en vie".

Mon réveil a été traumatisant. Je me suis réveillée hystérique tant je souffrais, je faisais des "bonds" sur le brancard en criant "Au secours, la douleur, je ne peux pas la supporter" et honnêtement je ne voyais rien, j'avais déjà connu la douleur mais là, elle m'était vraiment insupportable et me tuait. J'étais extra lucide, on m'a demandé pourquoi au secours, je répétais "la douleur" tandis que mon coeur s'emballait et que plusieurs personnes me plaquaient sur mon brancard. Une fois plaquée sur mon brancard, j'étais tétanisée et claquait des dents malgré moi, un ignorant ou un incapable a osé demander "Vous avez froid madame que vous claquez des dents ?". Je ne voyais toujours rien mais j'ai bien compris qu'il y avait eu quelqu'un d'assez malin pour lui dire "Mais non, regarde ses pulsations", apparemment ils ont flippé, j'ai vraiment failli crever de mal et ils m'ont injecté de l'anti-douleur. Là évidemment, je me suis calmée directement et j'ai dit merci... Plus tard, j'apprendrai d'un docteur qui est passé me voir dans la chambre qu'ils avaient en effet été trop long à m'injecter l'anti-douleur (ça sentait la faute professionnelle).

Une fois reconduite à ma chambre, toute vaseuse parce que finalement ils m'ont injecté beaucoup d'anti-douleurs (et ça, je vais pas m'en plaindre!), j'ai pu être réconfortée par le regard de mon amour.

Les jours d'après

Le deuxième jour, j'ai dormi beaucoup et niveau nourriture ça ne passait pas. Il faut dire que le premier repas qu'on m'a proposé était un bouillon tout puant avec une crème vanille. J'ai testé, j'ai laissé. Le soir, même chose. Niveau douleur, j'étais toujours sous anti-douleurs donc ça allait bien.

Le troisième jour, ah ben ils ont bien diminué la dose de paracétamol. Cela dit, j'ai repris un peu de poil de la bête même si j'ai une tension entre 16 et 17. Par contre, je sais boire de l'eau. On m'a mis une soupe au céleri pour le midi, ça sentait bon et je me suis un peu jetée dessus et je me suis enfilé deux ou trois cuillères qui m'ont valu un punaise de mal l'estomac. Le pire dans l'histoire, c'est quand même que c'était pas l'estomac qui me faisait le plus mal mais ma gorge et l'oesophage, si ça se trouve c'était l'autre brute qui s'appuyait sur mon lit d'opé qui était chargé de me mettre le truc dans la gorge. Repas du soir, j'ai dû en prendre deux cuillères aussi.

Le quatrième jour, je parviens à avaler un peu plus de la boisson protéinée du matin mais j'avoue que je n'ai qu'une hâte c'est partir de là et rentrer chez moi. Je déteste les hôpitaux et mon séjour dans celui-ci ne m'aura pas laissé un super souvenir (car je ne vous ai même pas tout raconté). Pour le repas de midi, je suis enfin chez moi et j'ai trouvé une technique pour réussir à manger ma petite soupe (oui parce que j'ai un plan alimentaire à suivre) : une petite cuillère par minute, bon ça prend du temps et elle est vite froide mais en 10 minutes, au moins j'ai mangé un petit truc. Niveau douleur, faut pas se voiler la face, je viens de me faire opérer, oui ça fait mal (parfois très) mais c'est largement supportable bien que très embêtant. Heureusement qu'il y a 6 semaines de convalescence !

Le cinquième jour, j'ai bien dormi pour la première fois depuis l'opération et je suis heureuse de me réveiller chez moi. J'ai déjeuné avec un verre de lait (un demi verre de lait hein) et j'étais très contente. Oui parce que c'est con hein mais hier quand je mangeais ma petite soupe à midi, j'avais des bonnes fajitas qui m'appelaient à 30 cm de moi alors que j'avais moi déjà tant de mal à manger ma soupe. J'avoue que j'en ai un peu pleuré de rage, d'où l'importance de se préparer psychologiquement.

Quelle alimentation juste après ?

Voici le plan qui m'a été donné :

Dans un premier temps vous ne prendrez que des « liquides » durant 1 à 2 semaines :

  • 8h : 1 tasse de lait ½ écrémé OU ½ complément alimentaire (ex : Frésubin, Fortimel, Delical HP/HC éventuellement édulcoré, BARINUTRICS WHEY …)
  • 10 heures : 1 yaourt ou une crème pudding
  • 12h : 1 bol de potage bien mixé enrichi en protéines (fromage râpé, à tartiner, viande hachée, poisson, poudre de protéines artificielles…) à la cuillère
  • 14h30 : 1 yaourt ou ½ complément ou 1 milkshake sans sucre (par exemple : shaker 1 crème Alpro chocolat avec du lait) ou une crème pudding
  • 16h30: choix idem 14h30
  • 18h30 : 1 potage mixé enrichi en protéines (cfr. 12h)
  • 20h30 : 1 tasse de lait éventuellement avec du cacao de candérel (Can’kao).

Voici mon plan à moi :

  • 8h : une verre de lait ou un actimel
  • 10h : 1 yaourt (mais à voir si je continue parce que je pense que je suis devenue intolérante)
  • 12h : une mini tasse de potage que j'enrichis avec du kiri ou du boursin
  • 14h30: je continue le yaourt de 10h (vu que pour l'instant, je sais à peine manger un cinquième peut-être un quart maintenant).
  • 16h30: toujours ce même yaourt (un danone fruit X)
  • 18h30 : je reprends la mini tasse de potage de midi et je prie pour réussir à la finir parce qu'elle est bonne mais je n'y parviens pas.
  • 20h30 : j'ai testé le carton de cécémel dans un verre, je pense que je vais opter pour une tasse de lait avec du cacao

Je précise que c'est la nutritionniste qui m'a dit que je pouvais manger ces choses "Faut bien que vous mangiez quelque chose !".

Les cicatrices et soins à faire

Cicatrices

J'ai cinq petites cicatrices (+- 3 cm mais aux mêmes endroits que sur l'image ci-dessous). J'ai des pansements dessus mais je peux déjà les retirer et laisser à l'air, ça s'est vite refermé grâce à la colle chirurgicale et ce ne sera pas des laides cicatrices.

Concrètement rien à faire au niveau des cicatrices à part bien les sécher après la douche.

Piqûres

Et oui, on a même droit aux piqures. J'en avais déjà une par jour à l'hôpital pour éviter les phlébites (caillot de sang dans une veine) et maintenant j'ai une infirmière qui vient m'en faire une à la maison pendant 10 jours.

Médicaments

J'ai un pantomed à prendre 30 min avant le déjeuner, de l'Omnibionta en vitamines et du dafalgan contre les douleurs.

Mon ressenti actuel

J'essaye de garder le moral, j'ai l'impression d'avoir tout le temps faim et je ne parviens pas à distinguer le mal dû à l'opération, d'une éventuelle faim. J'ai chopé un rhume à l'hôpital, résultat je suis pas top bien et je tousse, autant vous dire que j'ai la trouille de péter mes agrafes à chaque fois que je tousse ou que j'éternue.

J'ai envie de pleurer quand même un peu en vrai, je sais que je vais perdre mes cheveux à coup quasi sûr parce que de toute façon ma perte de poids va être fulgurante et protéines ou pas, on y échappe pas. Ouais parce que j'avoue que durant ma session "je ne mange que liquide", je suis totalement contre leurs boissons protéinées et autre poudre dégueulasse qui fait des grumeaux.

Le jour avant l'opération, je pesais 114,5 kg (y a donc 6 jours), aujourd'hui j'en pèse 109.9 kg. Je vais vous dire, je suis même pas contente d'avoir perdu ces putains de kilos tellement je suis mal et que la bouffe me manque déjà. Je me suis mis des oeillères pour faire cette opération de merde mais si c'était à refaire, je ne le referais pas quitte à crever d'un infarctus et quitte à ce que les gens me regardent comme si j'étais une chose dégueulasse. Là j'ai juste envie de dire, fuck, je veux plus avoir mal même si c'est supportable, ça fait mal depuis 5 jours et je sais pas combien de temps ça va continuer. La psy m'avait dit que chez certains patients, ils avaient mal pendant un mois, un mois putain !

J'ai lu des centaines de témoignages avant de me lancer là-dedans et 90% disent que c'est une opération géniale. Ah oui, ça génial oui, tu perds du poids à coup sûr mais à quel prix ?

Maintenant, ça ne fait que 5 jours que l'opération est faite, je vais peut-être (j'espère) changer d'avis une fois que cette sale période sera passée. Pour l'instant j'ai juste l'impression d'être anorexique malgré moi.

J'en ai marre

 

 

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Commentaires

Commentaire #1, écrit par Vik, le 14 juillet 2018 à 14h12.

Bonjour, comment te sent tu maintenant ? 1 moi après.


Commentaire #2, écrit par Drake, le 15 juillet 2018 à 19h10.

Bonjour, je vais beaucoup mieux !
Je suis à +- 12 kilos en moins, ce qui fait que je me sens beaucoup plus légère au quotidien et j'ai retrouvé mon souffle.
Je peux manger +- de tout sauf quelques restrictions mais ça fait du bien au moral de pouvoir diversifier son alimentation.
J'ai pu identifier mes douleurs d'oesophage, c'était parce que je mangeais beaucoup trop vite, et oui même une simple biscotte, il faut la manger en 20 minutes !
Merci d'avoir pris des nouvelles :)

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